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La digestion - l'insulino-résistance


Le cheval est un herbivore qui, dans la nature, passe en moyenne 16 heures par jour à la recherche de sa nourriture. Il mange des petites quantités, mais très souvent et ingère toutes sortes de fibres, le processus de digestion est caractérisé par une longue phase de fermentation. Son système digestif est fait pour digérer en continu des aliments à forte teneur en cellulose grâce au caecum et gros intestin qui sont très développés.
Pratiquement, les intestins libèrent toute la journée des petites quantités de sucre dans le sang.
L’hormone insuline, sécrétée par le pancréas, se charge du transport des sucres (glucose) dans les cellules (particulièrement des muscles et du foie) pour y être transformés en énergie et graisse. Pour permettre ce transport, les cellules possèdent des récepteurs membranaires.
Ce mécanisme permet une stabilisation de la glycémie (la concentration de glucose dans le sang), sous condition, entre autres, que la flore intestinale soit équilibrée.

La nourriture industrielle et celle de prés trop « cultivés » fournissent en très peu de temps des sucres rapides. D’où un risque de déséquilibre de la flore intestinale et, à plusieurs reprises au cours de la journée, un passage rapide d’une quantité trop importante de glucose dans le sang.
Le pancréas réagit en sécrétant la quantité d’insuline nécessaire pour transporter ces sucres dans les cellules et la concentration de glucose dans le sang baisse rapidement.
Plutôt qu’une glycémie constante, le taux de sucre et d’insuline connaît des fluctuations importantes.
Au long terme, l’insuline perd de son efficacité car ses récepteurs y deviennent de moins en moins sensibles et par conséquence, le glucose ne pénètre plus autant dans les cellules et s’accumule dans le sang.
On pourrait comparer ce phénomène à celui de l’accoutumance à certains médicaments comme les somnifères.
Cette accumulation stimule une hypersécrétion d’insuline, il en faut de plus en plus pour obtenir le même effet. Dans cette phase on parle d’ insulino-résistance (IR).
Au bout d’un certain temps le pancréas s’épuise et le cheval se trouve en situation de «diabète type 2», il présente alors une hyperglycémie chronique.
Heureusement, chez le cheval cet état est réversible, Toutefois, il risque de garder une sensibilité à l’IR.

Le plus grand fournisseur des sucres c’est l’herbe.
Les sucres sont les fondements de la croissance des plantes.
Dans la journée les graminées produisent des sucres (glucose, fructose, sucrose) à l’aide du CO2, de l’eau et l’énergie du soleil via la photosynthèse.
Ensuite, et surtout pendant la nuit, les sucres seront transformés en fibres et énergie; c’est la croissance des plantes.
Dans la journée il y a production et transformation des sucres, pendant la nuit il n’y a pas de production, mais la transformation continue. Dans ce cas, tôt le matin, l’herbe ne contient pratiquement plus de sucres.
Cela peut changer d’un jour à l’autre.
Au cours d’une journée couverte, il y a moins de photosynthèse et donc moins de sucres que pendant une journée bien ensoleillée.
La transformation des sucres peut être freinée par plusieurs circonstances :
*manque d’eau: la plante accumule les sucres en attendant la pluie;
*manque de substances nutritives dans le sol, ce qui empêche l’herbe de pousser, les sucres restent dans la plante;
*température trop basse empêche également l’herbe de pousser et par conséquence, les sucres produits pendant la journée, seront stockés.
Cela arrive surtout au printemps et en automne quand les nuits sont fraîches (en dessous de 5°).
Contrairement à ce qu’on pense souvent : tondre l’herbe avant d’y mettre des chevaux n’est pas très utile : la croissance de l’herbe sera stimulée et par là les petits bouts de l’herbe seront remplis de sucres.

Alors comment gérer les sorties au pré pour les chevaux/poneys, sensibles à l’ IR ou à la fourbure ou même pour les chevaux atteints par la maladie de Cushing ?
Ci-dessous suivent quelques conseils généraux, qui concernent surtout la météo. Bien sûr, d’autres facteurs ont leur importance : il faut penser aussi à la qualité du sol, de l’herbe, à l’endroit où l’on habite etc.

Il faut éviter de laisser brouter:
*en fin d’après-midi ou début de la soirée pendant une journée ensoleillée;
*toute une journée ensoleillée avec des températures en dessous de 15°;
*toute la journée après une nuit avec des températures en dessous de 5°;
*quand l’herbe a manqué d’eau ou de nutriments;
*quand l’herbe est très rase;

On peut laisser brouter sans soucis:
*tôt le matin quand pendant la nuit la température est restée au-dessus de 5°;
*pendant une journée couverte avec des températures en deça de 15°;
*quand l’herbe a assez d’eau et de nutriments.

Les troubles associés à l’IR:
*sensibilité/prédisposition à la fourbure: un taux de sucres trop élevé dans le sang (hyperglycémie) endommage précocement les vaisseaux sanguins dans les lamelles du sabot (à comparer aux les problèmes vasculaires des diabétiques);
*accumulation de graisse au niveau de la crinière, des épaules et à la base de la queue: le métabolisme des graisses des cellules, devenues moins sensibles à l’insuline, est modifié et au lieu des muscles et du foie, les graisses sont stockées à ces emplacements spécifiques à l’IR;
*problèmes cutanés, entre autres: la dermite estivale;
*le cheval boit et urine beaucoup;
*du surpoids et parfois dans une phase avancée, maigreur;
*prostration et fatigue musculaire par une capacité réduite d’utiliser le glucose des cellules; le cheval présente alors une aversion envers le travail. Souvent on pense: « mon cheval est fatigué, raide… il faut augmenter sa ration de nourriture énergétique », ce qui ne fait qu’aggraver la situation;
*les chevaux qui sont sujets à beaucoup de stress: ils produisent plus de cortisol que de normal; le cortisol freine l’absorption du glucose par les cellules et fait augmenter le taux de glucose circulant. (Voir également le dossier Stress, maladies et ses conséquences).
De plus, un cheval stressé utilise beaucoup de magnésium et une carence en magnésium rend les récepteurs des cellules moins sensibles à l’insuline.

Votre vétérinaire peut confirmer si votre cheval/poney est sujet à l’IR par des prises de sang.

La nourriture conseillée pour des chevaux IR:
Il faut éviter des pics de sucre dans le sang, donc limiter l’apport en hydrates de carbones : pas de pommes, pas des céréales qui fournissent des sucres trop rapides.
Si vous voulez absolument donner une nourriture industrielle, cherchez alors une nourriture pauvre en sucre et amidon. Donnez de petites quantités toujours accompagnées des fibres et complémentez avec Iodamine Equine.
Administrez du fourrage de bonne qualité, qui fournit beaucoup de fibres, donc des sucres lents.
Faites tout de même attention avec le foin: essayez de vous renseigner dans quelles circonstances le foin a été récolté: des journées chaudes, suivies par des nuits fraîches, conduisent à l’accumulation de sucre dans le foin. Si vous avez des doutes, trempez alors le foin pendant une heure; le fructane, hydrosoluble, disparaîtra.

Pour les chevaux IR qui travaillent: selon la discipline et en fonction du type de travail demandé, augmentez l’apport en lipides de haute qualité; le cheval s’en servira comme source d’énergie.
Pour gérer le problème d’IR il faut moins d’énergie (amidon) mais les besoins en protéines, vitamines et minéraux ne changent pas.
Il existe des nourritures, adaptées à ces problèmes (IR, fourbure) mais quand votre cheval travaille beaucoup surveillez toutefois le taux de vitamine E + sélénium et magnésium.
Dans tous les cas: faites bouger le cheval, selon ses possibilités, et augmentez le temps de travail progressivement, après avoir évalué la situation avec votre vétérinaire.

Si votre animal est obèse, surtout ne le faites pas maigrir trop rapidement.
Donnez lui surtout du fourrage, Slimline, et établissez un programme de travail adapté à sa condition.
Faites de temps en temps des cures d'Equi’drink Immunotonic ou d’Equi’drink Drainage pour le foie et les reins, associées à des cures de Biotics pour les intestins.

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